lundi 3 juin 2013

J. SEGUELA : ‘‘Les optimistes ont inventé l’avion, les pessimistes le parachute’’



De l’espoir, du rêve, de l’aventure, du rire...Nos invités ne veulent pas se laisser envahir par la morosité ambiante. Et ils chassent les mauvais esprits chacun à sa façon...A la Closerie des Lilas : Nicolas Dubreuil, un explorateur des glaces. Jacques Séguéla, un fils de pub.Marc Jolivet, un humoriste écolo.


Aventurier, conteur, explorateur, Nicolas Dubreuil passe plus de huit mois par an à sillonner en kayak, en traîneau, à skis, les régions les plus reculées du Grand Nord. Ce colosse chaleureux, qui supporte des températures de – 50 degrés, ne se nourrit que de phoque cru (de préférence les yeux et le foie) : « C’est le meilleur, il me faut consommer 6 000 kilocalories par jour pour survivre, trois fois plus que la moyenne. » Responsable d’une centaine d’expéditions extrêmes, il raconte ses exploits dans Mystères polaires(éd. de La Martinière) ; c’est ainsi que l’on apprend qu’il a découvert sous la calotte du Groenland un complexe nucléaire américain ultrasecret, abandonné depuis la guerre froide. Ce grand gaillard a une attirance pour les femmes esquimaudes. « Elles sont rieuses, n’ont aucun tabou. Chez elles, tout est jeu, sans perversité. » Après tant d’années, Nicolas Dubreuil se flatte de parler couramment l’inuit, la langue la plus difficile du monde. L’homme est un miraculé, il a failli mourir à quatre reprises, noyé sous la glace, de faim, de froid… « La banquise fond et, pourtant, les autochtones s’en moquent. Ils s’adaptent, de vrais caméléons. »


Jacques Séguéla, 79 ans, publie Merde à la déprime (éd. Jean- Claude Gawsewitch). Le vice-président d’Havas, dont le contrat s’achevait en 2012, vient de re-signer pour dix ans. « En 2022, je célébrerai mes 88 ans, je ne disposerai plus d’une limousine avec chauffeur mais d’une petite voiture avec infirmière. » Jacques Séguéla se veut le porte drapeau d’une croisade résolument optimiste. « J’en ai assez d’entendre les mêmes rengaines : le pays est à bout de souffle, l’intégrisme nous menace, dépression et désespérance sont les deux mamelles de la France. À cela, je réponds : demain appartient à ceux qui ont l’envie d’avoir envie, l’envie d’une autre vie. Les optimistes ont inventé l’avion, les pessimistes le parachute. La France a mille raisons d’espérer. Tout est à portée de main. Il suffit de vouloir et de croire. Je n’ai plus la moindre inquiétude. Nous sortirons de la crise, au plus tard en 2015, car nous allons inventer un monde nouveau : la location remplacera la propriété, le marché de l’occasion, celui du neuf… » Et si on parlait politique ? « On est trop dur avec François Hollande. N’ayez crainte, je suis toujours l’ami de Sarkozy. Je ne veux pas une fois de plus retourner ma veste. Hollande a très mal commencé. Il a mené une campagne de rejet et non pas de projets. Mais il a eu la grande chance d’être détesté dès le départ. Qui dit boîte à outils dit bricoleur ! »



Marc Jolivet et son camarade Christophe Barbier ont décidé de réécrire l’Histoire à leur façon dans Rêvons (éd. Flammarion). « J’explique à Néron les vertus d’une bonne assurance incendie. Je tente de persuader Adam que l’homosexualité est mieux, parce qu’avec les femmes on a toujours des ennuis. Je convaincs Victor Hugo de raccourcirLes Misérables. Je m’imagine même en Premier ministre de François Hollande. » Pas de doute, Marc Jolivet n’a guère d’atomes crochus avec le chef de l’État. « Un homme qui fait quatre enfants à une femme avec laquelle il n’ose même pas déjeuner, c’est pathétique. Cet homme me fait très peur… Avec Jean-Louis Borloo, Daniel Cohn-Bendit, Séguéla et de nombreux acteurs de la société civile, de droite comme de gauche, nous allons créer un vaste mouvement sur le thème “Réinventons le rêve européen”. Le mien ? Devenir le premier dictateur-clown écolo des États-Unis d’Europe. Quant aux Verts, il faut les faire définitivement disparaître. » Au fait, que pense Marc Jolivet de nos dirigeants ? « Jean-Marc Ayrault, c’est Fillon en blond ; Manuel Valls, il en a sous le capot ; Christiane Taubira, on aura du mal à lui mettre la burqa ; Arnaud Montebourg, c’est le meilleur des communicants. Il devrait créer l’agence de com’ du futur et la baptiser M & M (Mélenchon-Montebourg). » Marc Jolivet multiplie les projets ; l’adaptation de son livre Rêvons au théâtre, et un film, 1914-2014, enfin la vérité, long-métrage dont il est à la fois l’auteur, le producteur et le réalisateur. Séguéla parle volontiers de sa vie privée : « Voilà trente-sept ans que je suis fou amoureux de ma femme. Chaque matin, je la quitte pour ma maîtresse… La pub ! » Et Nicolas Dubreuilde remettre les choses à leur juste place, en citant ce proverbe groenlandais : « Seul le temps et la glace sont maîtres. » Marc Jolivet nous cite sa devise favorite : « Plus tu rêves, moins tu crèves. » Et, à ce propos, Séguéla de nous offrir en exclusivité son tout dernier slogan : « “Vieux, c’est mieux.” Et, comme l’a écrit Woody Allen : “Je ne crois pas à la vie éternelle, mais lorsque Dieu viendra me chercher, je préparerai ma valise…” »

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