vendredi 27 mai 2016

Jacques Séguéla sur le "Ça va mieux" : "Il n'est pas utilisé à bon escient"


Jacques Séguéla sur le "Ça va mieux" : "Il n... par Europe1fr

Sur Europe 1, le publicitaire a décortiqué le discours de François Hollande et son désormais célèbre "Ça va mieux".

INTERVIEW

"Ça va mieux". Trois petits mots, issus de la bouche de François Hollande, qui résonnent déjà comme un slogan de candidat à la présidentielle. Sur Europe 1, le publicitaire Jacques Séguéla est revenu sur cette petite phrase du président de la République.

"Pas utilisé à bon escient". "Le 'Ça va mieux' est le bon slogan. (...) Il est simple, il est populaire", juge Jacques Séguéla. Problème, pour le publicitaire français : "Il n'est pas utilisé à bon escient par le président, car il l'a mis au service de son bilan". Selon un sondage exclusif Ifop pour Europe 1, 86% des Français considèrent, en effet, que non, ça ne va pas mieux en France.

Un message positif. Jacques Séguéla estime que François Hollande devrait l'employer pour faire passer un autre message. "Quand il l'utilise pour dire du bien de la France, pour faire aimer ce pays, (...) alors il est dans le cœur de ce que doit être la campagne", indique le publicitaire. L'ancien conseiller en communication de François Mitterrand affirme que les Français ne supportent plus "le négativisme de la classe politique".

Jacques Séguéla en a également profité pour glisser quelques mots sur les autres candidats possibles à la présidentielle. Alain Juppé ? "C'est le old fashion". Nicolas Sarkozy ? "C'est D'Artagnan". Quant à la stratégie de communication d'Emmanuel Macron : "c'est un petit chef d'oeuvre !"

mercredi 11 mai 2016

Jacques Séguéla face à Roland Cayrol: Retour sur l'affaire Baupin



Le face à face de Ruth Elkrief a opposé Jacques Séguéla, publicitaire, consultant chez Havas et Roland Cayrol, directeur du Centre d'Études et d'Analyses (CETAN). Ils sont revenus sur l'affaire Denis Baupin. Le député écologiste est en effet accusé de harcèlement et d'agressions sexuels. Plusieurs membres d'Europe Écologie Les Verts interrogés par Mediapart et France Inter racontent les SMS, les remarques équivoques ou encore les gestes déplacés de l'élu, qui a récemment quitté le parti. Quatre femmes ont décidé de briser l'omerta à visage découvert sur l'ensemble des témoignages recueillis. Suite à ces révélations, le député de Paris a démissionné de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale pour "pouvoir assurer sa défense". Mais il conteste les faits et envisage de porter plainte pour diffamation. - 19h Ruth Elkrief, du lundi 9 mai 2016, sur BFMTV.

mercredi 27 avril 2016

Jacques Séguéla face à Roland Cayrol: Le mouvement "Hé oh la gauche !" sauvera-t-il François Hollande ?



Le face à face de Ruth Elkrief a opposé Jacques Séguéla, publicitaire, consultant chez Havas, et Roland Cayrol, directeur du Cetan, directeur de recherche au Cevipof. Ils ont réagi sur le mouvement "Hé oh la gauche !" qui a pour objectif de reconquérir l'éléctorat de François Hollande en vue de la présidentielle de 2017. - 19h Ruth Elkrief, du lundi 25 avril 2016, sur BFMTV.

jeudi 21 avril 2016

Emmanuel Macron est « un Rocard digital » pour Jacques Séguéla by Public Senat

Simon Barbarit
Le 07.04.2016 à 18:30


Emmanuel Macron est « un Rocard digital » pour Jacques Séguéla

Emmanuel Macron surfe sur la vague de sa popularité et se met « en marche ! » pour « débloquer » la France. Avec le lancement de son mouvement qui se veut transpartisan, le ministre de l’Économie bouscule son propre camp. Une commande de l’Élysée en vue d’une potentielle candidature pour 2017 ? Le publicitaire Jacques Séguéla y voit lui le fer de lance « d’une régénération » de la politique.

En lançant hier à Amiens son mouvement politique « en marche ! » Emmanuel Macron peut déjà s’enorgueillir d’avoir attiré l’attention de la classe politique. C’était LA question d’actualité politique ce matin. Et si on met de côté le Front National et le Parti de gauche, lorsqu’on parle du ministre de l’Economie, certains semblent se faire un devoir de mettre en sourdine leurs critiques, comme s’il ne fallait pas insulter l’avenir. Un avenir qui au-delà des clivages traditionnels pourrait bien passer par lui. Selon l’hebdomadaire le Point, Jean-Pierre Raffarin le verrait d’ailleurs « comme le meilleur Premier ministre d’Alain Juppé », « il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux tempéraments » a-t-il complété ce matin. Le maire de Bordeaux évoquait lui-même le cas Macron le 17 février dernier. « Il vaut mieux être dans un gouvernement de droite que dans un gouvernement de gauche pour faire valoir des idées de droite ».

Un PS dubitatif sur la marche « d’Emmanuel Macron »

Mais son mouvement « ne sera pas à gauche et « ne sera pas à droite » a confirmé hier celui qui n’a jamais pris sa carte au PS. « Emmanuel Macron me semble parfaitement compatible avec l’UDI » en conclut quant à lui le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Décidément… Et comme nul n’est prophète en son pays c’est chez les socialistes qu’on est le plus circonspect sur la stratégie du jeune ministre. Une petite taquinerie sur Twitter de la part de Pascale Boistard qui conseille à ses followers d’écouter ce vieux tube de Jean-Jacques Goldman « je marche seul ».


Plus concret, le parton du PS, Jean-Christophe Cambadélis prédit « peu d’adhérents » en provenance de son parti à Emmanuel Macron mais « s’il contribue à élargir la majorité son apport est positif » estime-il. Voilà donc ce nouveau mouvement transformé en marche pied d’un François Hollande possible candidat à sa réélection en 2017, car pour ce qui est des ambitions présidentielles de l’ambitieux, Jean-Christophe Cambadélis se fait cinglant : « Vous savez, dans ma vie politique, des modernes qui ont terminé pas aussi bien qu'ils le pensaient, j'en ai vu des légions », comme « par exemple » Michel Rocard.

Emmanuel Macron Premier ministre de Nicolas Sarkozy ?

La comparaison est la même pour Jacques Séguéla, mais la teneur est tout autre. Loin de l’associer au destin présidentiel inabouti de l’ancien Premier ministre, le publicitaire préfère appuyer sur la modernité et la volonté de réforme propres aux deux hommes avec quelque chose en plus pour le benjamin. « Macron c’est un Rocard digital » assure le consultant d’Havas. Car cet habitué des campagnes électorales ne tarit pas d’éloges pour celui qu’il qualifie « de mutant ». « Il a tout compris à la refondation politique. Alors que les autres croient encore que la communication passe par les plateaux TV, lui a parfaitement intégré l’uberisation de la politique. C’est ce qu’il dit quand il assure vouloir refonder par le bas. Il a le talent, l’entregent, la séduction, le culot. Il représente la seule chance pour régénérer la politique qui est frappée par une chute d’image que seules les péripatéticiennes ont connu » assure cet expert en hyperboles. Pour autant, l’inventeur du slogan mitterrandien « la force tranquille » estime qu’Emmanuel Macron n’est pas prêt pour 2017, « c’est trop tôt, il faut qu’il incube la fonction, il a la culture digitale, la culture économique, il lui manque la culture présidentielle ». Et pour y remédier, Jacques Séguéla annonce son hypothèse rêvée : Emmanuel Macron Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Car si les Français n’étaient pas prêt pour l’ouverture en 2007, le FN a changé la donne selon lui. « Marine Le Pen sera au second tour de la présidentielle, mais perdra face au candidat de droite. Et un gouvernement d’union nationale sera la seule solution pour faire passer des réformes » pressent-il.

La marche manque de « poésie »

En bon professionnel, le fils de pub concède un léger reproche à la stratégie d’Emmanuel Macron : le nom de son mouvement. « En marche, ça fait partie des mots les plus usés par les politiques, moi-même je ne me souviens plus pour qui je les ai utilisé. Ça fait très militaire, alors que pour Désir d’Avenir de Ségolène Royal il y avait de la poésie, j’ai adhéré tout de suite ». Parole d’expert.

Marcher ou rester assis sans rien faire ? Emmanuel Macron laisse le choix

A y regarder de plus près, « En marche ! » ne brille pas par son originalité et souffre déjà de beaucoup de déclinaisons en politique. « La France en marche » était déjà le slogan en 1965 de Jean Lecanuet, candidat centriste à l’élection présidentielle de 1965 ou plus prêt de nous celui de la campagne pour les dernières élections départementales avec « l’alternance est en marche ». S’il est trop tôt pour comptabiliser le nombre d‘adhérents de ce mouvement, ils étaient 250 « Macronistas » lors du lancement hier à Amiens, on se contentera d’aller faire un tour su le site Internet et de regarder la vidéo de présentation. Elément notable, il faut s’inscrire pour y accéder, c'est-à-dire cocher la case « je marche » et inscrire ses coordonnées électroniques, plutôt que la case « je reste assis sans rien faire ». Dans ce dernier cas, la phrase « Ça fait plus de 30 ans que le taux de chômage des jeunes n'est pas descendu en dessous de 15% » pourrait vous faire changer d’avis. « En marche ! » est ouvert « à toutes celles et tout ceux qui partagent le constat de blocage de notre pays et qui se retrouvent dans les valeurs qui guident ma réflexion et mon action : l’attachement au travail, au progrès et au risque, une égale passion pour la liberté et la justice, un attachement européen profond et exigeant, une croyance inébranlable dans l’énergie de notre pays, pour lui redonner confiance » écrit le ministre de l’Economie. Son mouvement est par ailleurs domicilié à l’adresse de Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, un cercle de réflexion réputé proche du patronat.


Macron : « piège à cons

Marche pied pour François Hollande ou mise en marche d’une candidature pour 2017, difficile d’établir un pronostic, même si ce midi sur Public Sénat, le sénateur (LR) de Paris, Pierre Charon penchait, avec des mots fleuris, plutôt pour la première : « c’est un piège à cons, je pense que c’est commandé par l’Elysée ».



Pour Jean-Daniel Levy, directeur du département Etudes et Opinions de Harris Interactive, ce mouvement politique confirme que le ministre de l’Economie « n’est pas enfermé dans un étau idéologique ». « Il est dans une approche, qui veut dire : je veux compter, je veux jouer un rôle pour 2017, il profite de l’éclosion de popularité de ces deux dernières années » analyse-t-il. Selon la dernière étude de son Institut 43% des Français lui accordent leur confiance. Il s'agit même du 3ème ministre, derrière Bernard Cazeneuve (53%) et Jean-Yves Le Drian (51%). 61% des sympathisants socialistes lui font confiance, 59% chez Les Républicains et seulement 6% au Front de Gauche. « C’est assez rare pour un ministre en exercice de se positionner de cette façon là : ni de gauche, ni de droite. Cela montre que le discours sur l’ « l’UMPS » de Marine LE Pen est intégré par ses adversaires » estime Jérôme Sainte-Marie, politologue et président de l'Institut de sondage Pollingvox. Une analyse que n’a pas partagée en fin d’après-midi Manuel Valls. Dans un tacle à son ministre de l’Economie, il juge « absurdede vouloir effacer les différences » entre la gauche et la droite. Toute la question est de savoir si une nouvelle force politique « sociale libérale » ou « transpartisane » peut passer le premier tour de la prochaine présidentielle.