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vendredi 8 janvier 2021

Sébastien Krebs avec Jacques Séguéla - Europe 1

 




Europe 1 vous accompagne chaque jour de la semaine dès les premières lueurs du soleil avec de l'information et de la convivialité. L'émission parfaite pour commencer la journée du bon pied, et informer.

Les invités :

- Luc Smessaert, polyculteur éleveur dans l’Oise à Roy-Boissy

- Jacques Séguéla, publicitaire, cofondateur d'Euro RSCG

- Gérard Klein, interprète de L’Instit sur France 2 de 1993 à 2005


- Mathieu Zagrodzki, spécialiste des forces de l’ordre aux Etats-Unis et en France, chercheur associé au CESDIP

mardi 27 octobre 2020

Jacques Séguéla : "Il faut absolument que chaque terrien se dise que la terre est sa mère nourricière" - Sud Radio

Jacques Séguéla, auteur de "Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo elles me croient publicitaire" (Coup de cœur édition), était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le lundi 26 octobre dans "Le 10h - midi".






Le célèbre publicitaire se lance dans l'écologie. Et qu'importe si le sujet est de moins en moins vendeur, "ce n'est pas une galère", assure-t-il en appelant chaque terrien à s'emparer de cette préoccupation.

Faire plier les États


"On ne peut pas laisser l'écologie aux seules mains des écologistes", argue Jacques Séguéla qui précise les "applaudir même s'ils sont extrémistes" pour leurs actions et leur capacité "à faire plier les États". Dernier exemple en date, la Chine a annoncé la semaine dernière qu'elle aurait la neutralité carbone d'ici 2060, "alors qu'aujourd'hui c'est le pays le plus pollueur du monde".

Même son de cloche en Europe, où le Premier ministre britannique a annoncé "que dans dix ans, ils seraient 100% écologie grâce à l'énergie éolienne". "Tout ça c'est grâce aux écologistes", se félicite Jacques Séguéla, même s'il alerte sur le fait que "ça ne suffira pas". "Il faut absolument que chaque terrien se dise que la terre est sa mère nourricière", en appelle le publicitaire qui souhaite voir les gens "se donner la main".

Des petits gestes en complément des grandes décisions


Car, selon lui, "les grands gestes d'États" ne suffisent pas et doivent s'additionner "à nos petits gestes à nous, ces gestes barrières écologiques". Parmi ces gestes : "accepter de manger un peu moins de viande, sans pour autant la supprimer", invite-t-il, prenant exemple sur la consommation d'eau "qui pourrait manquer d'ici dix ans en Angleterre". "80% de l'eau est utilisée pour les vaches qui nourrissent les hommes, il faut réduire un peu la vapeur", souligne-t-il.

Le déclic écologique est venu chez Jacques Séguéla après un déjeuner avec l'un de ses clients à Londres. "Il me raconte qu'à Istanbul, 80% des ménagères rincent leur vaisselle avant de la mettre dans la machine à laver", rapporte-t-il. Un procédé inutile comme le démontrent certaines études. Alors le publicitaire se rend immédiatement à Istanbul, ville qui pourrait "manquer d'eau d'ici dix ans". Il réalise un reportage qui sera diffusé dans toutes les écoles de la ville. "Six mois après, il n'y avait plus que 20% des ménagères à persister dans ce procédé", se félicite-t-il.


lundi 26 octobre 2020

Jacques Séguéla : "Les écolos devraient exiger que la pub se mette au service de l’écologie" - Wedemain

 

Le communicant Jacques Séguéla signe un plaidoyer pour l'écologie, baptisé "Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire !". Dans ce panorama de notre époque, il invite les chefs d'État à réagir et les écologistes à utiliser la publicité, plutôt qu'à l'interdire. Entretien.


Le communicant Jacques Séguéla signe un plaidoyer pour l'écologie, baptisé "Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire !". Dans ce panorama de notre époque, il invite les chefs d'État à réagir et les écologistes à utiliser la publicité, plutôt qu'à l'interdire. Entretien.


Jacques Séguéla, auteur de "Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire !" (Crédit : Dhimbert / Wikimedia)
Jacques Séguéla, auteur de "Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire !" (Crédit : Dhimbert / Wikimedia)
 

We Demain : Vous publiez Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire !, clin d’œil à votre ancien best seller… Jacques Séguéla écologiste, ça peut surprendre : vous avez fait toute votre carrière dans la publicité, donc pour la consommation. Vous vous qualifiez vous-même de "fils de pub". D’où vient cette conversion à l’écologie ?    

Jacques Séguéla : Détrompez-vous, elle vient de loin ! J’ai été un écolo avant l’heure quand, il y a 60 ans, je suis parti faire le tour du monde avec une 2CV qui ne dépassait pas les 50 km/h et ne consommait presque rien ! J’ai vécu deux années d’écologie pure : nous dormions à la belle étoile car nous n’avions pas les moyens de nous payer l’hôtel, nous mangions les pommes de terre et les fruits que nous ramassions dans les champs… Nous vivions avec l’équivalent d’un euro par jour, nous pouvions réparer notre voiture nous-mêmes… Découvrir ainsi l’Afrique, l’Amérique du Nord, du Sud, et l’Asie a été une expérience incroyable pour quelqu’un qui n’avait jamais quitté Perpignan !

Quel choc quand je retourne aujourd’hui dans ces pays qui étaient des merveilles et qui ont été ravagés, détruits, pillés par l’Homme ! Quel monde vais-je laisser à mes petits enfants ?


Oui mais vous avez ensuite consacré toute votre vie à la publicité, n'est-ce pas le contraire de l’écologie ? 
La pub est le miroir de l’âme des peuples et l’éponge du temps. Ce n’est pas elle qui décide ce qu’elle va faire, ce sont les consommateurs. Dans les années 1970/80, ils se sont totalement libérés. La publicité a suivi, en essayant de courir plus vite, quitte à en faire un peu trop pour tirer le consommateur vers ses pulsions inconscientes et créer les modes, les tendances, les styles de vie qui changent tous les dix ans. Je m’y suis précipité avec tous les excès. Mais j’ai aussi été le premier à faire une affiche avec le slogan "Trop de pub tue la pub", parce que ça devenait insupportable. J’ai eu toute la profession contre moi.

Et puis, il y a une dizaine d’années, la pub a compris l’écologie. J’ai commencé à faire des campagnes écologiques, et aujourd’hui il n’y a plus un grand annonceur dans le monde qui ne mène pas un combat pour l’environnement. 15 % des investissements publicitaires y sont consacrés, non pas par bonne conscience mais parce que c’est une demande des consommateurs, partisans d’une écologie douce et non punitive. Les ultras de l’écologie sont nécessaires pour peser sur les États et leur imposer la transition écologique. Mais ça ne marchera que si par ailleurs les citoyens se convertissent à la "soft ecology".

Cette écologie douce est-elle suffisante face aux menaces qui pèsent sur la planète et que vous détaillez dans votre livre : dérèglements climatiques, pénurie d’eau, démographie galopante, atteintes à la biodiversité… 
Nous devons agir à ces deux niveaux. Ce sont les États qui prennent les grandes décisions. La COP 21 de Paris a permis à de nombreux États de s’engager et de se mettre dans les clous. Le président Xi Jinping vient d’annoncer que la Chine atteindra la neutralité carbone en 2060, alors qu’elle est aujourd’hui le pays le plus pollueur du monde. Et elle tiendra parole !

Mais ces décisions d’États ne suffiront pas. Il faut aussi des gestes barrières des terriens : des petits gestes comme remplacer la bouteille d’eau en plastique par la gourde, revoir son alimentation, baisser son chauffage d’un degré, aller en vélo à son travail qui dans 80 % des cas se situe à moins de 5 km du domicile. Je m’y astreins : j’ai réduit de moitié ma consommation de viande et de poisson et remplacé ma grosse voiture par un vélo et une petite smart avant de passer au véhicule électrique. Et François Mitterrand m’a appris à planter des arbres ! 

Vous restez opposé à l’interdiction de la publicité pour les produits nuisibles à l’environnement. Et vous dites même que les marques sont en première ligne dans la refondation d’un monde plus écologique… 
Si un produit est réellement nuisible, c’est à la loi de l’interdire, pas au publicitaire qui cherche à vendre le meilleur produit au prix le plus accessible. Les grandes marques investissent des centaines de millions pour l’écologie. Un grand patron de produits ménagers m’a un jour convoqué à Londres pour m’expliquer que son agence d’Istanbul s’était aperçue que 80 % des ménagères turques rinçaient leur vaisselle avant de la mettre dans leur machine à laver, alors que les études prouvent que ça n’a aucun effet. Le lendemain, j’étais à Istanbul pour lancer une campagne se référant à une enquête du National Geographic indiquant que dans 10 ans la capitale turque manquerait d’eau. Le film que nous avons réalisé a eu un grand succès. Le président Erdogan a décidé de le diffuser dans toutes les écoles pour que les enfants sensibilisent leurs parents. Huit mois après, il ne restait plus que 20 % des ménagères qui continuaient à rincer leur vaisselle… C’est la preuve que les marques peuvent agir pour l’environnement.

Vous évoquez le "monde d’après" en faisant preuve d’un optimisme forcené. Vous, le publicitaire, évoquez, ce qui surprend, "la fin des dictature des hypermarchés et de l’hyperconsommation", et même la fin du capitalisme… 
Les meilleurs économistes disent que le capitalisme tel qu’on le connaît aujourd’hui, et qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, va mourir dans les 30 ou 40 années qui viennent. Mais il renaitra, je l’espère sous la forme d’un éco-capitalisme de partage et de redistribution. Sinon ça se terminera en révolution !

La fin de la dictature des hypermarchés est, elle, déjà commencé. Auchan ou Carrefour restructurent leurs hypers en remplaçant la moitié des espaces de vente en zone de loisirs ou ou de spectacle. Les produits qui resteront arriveront directement des fermes avoisinantes et non plus de l’autre bout du monde. Les consommateurs seront orientés vers des modes d’alimentation plus sains : il n’est plus possible d’avoir 10 % d’obèses en France, et 30 % en Amérique. 

Nous sommes entrés dans l’ère du "consommer moins mais mieux" : c’est mon combat depuis 40 ans ! Les écologistes, plutôt que de refuser toute publicité, devraient exiger qu’elle se mette au service de l’écologie. C’est peut-être le meilleur atout de l’écologie pour rendre le monde meilleur…

https://www.wedemain.fr/Jacques-Seguela-Les-ecolos-devraient-exiger-que-la-pub-se-mette-au-service-de-l-ecologie_a4923.html

jeudi 15 octobre 2020

Si t'as pas écrit un livre sur l'écologie avant 50 ans...

Jacques Séguéla s'est converti à l'écologie : c'est bien. Oui mais il en a fait un livre...



ne dites pas à ma femme que j'ai lu le dernier livre de Jacques Séguéla, elle croit que j'ai un vrai travail• Crédits : Pierre Perrin - Getty



Bien que n’étant pas d’un naturel rancunier, je garde une dent contre un de mes anciens camarades d’université, avec qui je m’étais retrouvé en binôme pour faire un exposé sur Pierre Bourdieu. J’avais bossé, lui très peu, tout juste le temps d’absorber le fruit de mon travail. A l’oral, c’est pourtant lui qui avait récolté les félicitations de l’enseignant.

Depuis, j’éprouve une vraie compassion pour tous ces universitaires, cette armée laborieuse d’intellectuels, qui passent des années à creuser un sujet, à rédiger une thèse, et qui voient surgir de nulle part de purs opportunistes qui leur volent la vedette.

Je me mets par exemple à la place des épidémiologistes dans leurs unités de recherche, confrontés, depuis le début de la pandémie, à l’omniprésence médiatique d’un Michel Cymes. Ou alors à celle des penseurs de la condition animale, relégués à l’arrière-plan et aux notes de bas de page par ces grands vulgarisateurs télégéniques que sont Aymeric Caron ou Franz-Olivier Giesbert. Nul n’est prophète dans son pays…ni dans son domaine de recherche.

A vrai dire, l’an dernier, en débutant cette chronique, j’avais plutôt le sentiment d’être du mauvais côté du manche, celui des imposteurs, ou des bouffons pour reprendre l’expression de Christian Salmon. ‘’Mais qui c’est ce gugusse qui vient nous parler d’écologie tous les matins ?’’ : voilà à peu près ce que devaient se dire (et ce que se disent peut-être encore) les vrais spécialistes du sujet.

J’en étais là de mes complexes jusqu’à ce qu’un livre vienne me délivrer du dernier mes scrupules : celui de Jacques Séguéla, ‘’Ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire !’’, tout juste publié aux éditions Coups de cœur.

L’homme le plus bronzé qu’il m’ait été donné de voir depuis que je suis né venait donc à son tour de prendre le train de l’écologie en marche ! Ce qui à vrai dire n’a rien d’étonnant. Il n’y a pas mieux qu’un publicitaire pour recycler les idées à la mode (quitte à se renier lui-même), et il suffit de faire un bref séjour devant un écran de télé pour mesurer à quel point c’est déjà le cas : le culte de la performance et l’accessibilité du prix y ont été remplacés, dans les slogans, par le made in France, le terroir, le recyclable, l’écoresponsable, le bio, le 100% naturel, le bon pour la planète…bref toute la panoplie du greenwashing.

Mais c’est pour la bonne cause, nous dit Jacques Séguéla, à qui on ne pourra pas reprocher son ingratitude : la pub l’a nourri, il lui renvoie l’ascenseur : ‘’les marques seront en première ligne pour (la) refondation du monde…Quel bonheur : un quart des investissements marketing en France sont destinés à rendre le monde meilleur’’, ‘’le pouvoir des marques entre en guerre contre la détérioration de la planète’’.

L’avantage avec les publicitaires, c’est qu’ils ont le sens de la formule et de la typographie : les saillies de Jacques Séguéla sont écrites en caractère gras, ce qui encourage le saut de paragraphe. En voici quelques-unes : ‘’charité écologique bien ordonnée commence par soi-même’’, ‘’la mer est une terre d’espoir’’, ‘’eau secours’’, ‘’S.Eau.S’’, ‘’il n’est jamais trop tôt pour savoir qu’il n’est pas trop tard’’! C’est quand même autre chose que du Bruno Latour.

Vous allez me dire : ça ne nous dit pas ce qu’il y a dans ce livre. Et bien si, quand même, un peu. L’écologie, selon notre néo-converti, c’est une grande compilation d’articles et de données scientifiques, plus ou moins sourcés, sur le changement climatique, la biodiversité, l’appauvrissement des ressources, l’intelligence artificielle,…compilation à propos de laquelle Jacques Séguéla aurait pu écrire qu’il ne suffit pas de mélanger toutes sortes de poissons pour faire une bonne bouillabaisse.

Et puis il y a des réflexions plus personnelles. Comme par exemple celle-ci à propos de la sécurité des installations nucléaires : ‘’il faudra qu’on m’explique comment l’homme peut aller vivre sur Mars mais serait incapable de fabriquer une centrale atomique qui ne fuit pas’’. Ou encore celle-là : ‘’il existait dans les toilettes publiques une pancarte : merci de laisser cet endroit aussi propre en sortant que vous l’avez trouvé en entrant. Et si nous appliquions à notre planète la même résolution ?’’

Je ne sais pas ce qu’en penseront les scientifiques qui alertent depuis des années sur le changement climatique lorsqu’ils verront que leurs ouvrages se vendent moins bien que celui de l’ancien dirigeant de RSCG. Mais ne comptez pas sur moi pour endosser la moindre responsabilité. Ne dites surtout pas à ma mère que j’ai fait une chronique sur le dernier livre de Jacques Séguéla, elle me croit journaliste à France Culture.

lundi 5 octobre 2020

Environnement : Jacques Séguéla veut que la publicité "serve l’écologie" - france info



Le publicitaire Jacques Séguéla est devenu écologiste. Auteur de "Ne dites pas à mes filles que je suis écolo elles me croient publicitaire !", il est l’invité du 23h de franceinfo samedi 3 octobre.





"La publicité a certainement fait beaucoup de méfaits, mais elle peut se racheter, essayer de servir l’écologie", estime Jacques Séguéla, invité de franceinfo, samedi 3 octobre. "Oui la publicité a poussé à la surconsommation, mais de plus en plus elle pousse à mieux consommer et moins consommer, à protéger la nature", assure le publicitaire.

"Aimons la Terre et elle vous le rendra"


"Si l’ensemble des Terriens se décide à sauver la Terre, elle sera sauvée. Il faut tous se donner la main pour la réparer. On peut y arriver", insiste l'auteur du livre Ne dites pas à mes filles que je suis écolo elles me croient publicitaire !

Jacques Séguéla pense notamment qu'il "faut investir de l’argent pour les avions à l’hydrogène". Pour lui, s'il y avait un slogan à faire pour l’environnement, ce serait : "Aimons la Terre et elle vous le rendra", soulignant que "les cataclysmes font plus de morts que l'ensemble des guerres du monde".

samedi 13 octobre 2018

Les Grandes Gueules - RMC



Aujourd'hui, c'est au tour de Jacques Séguéla, ancien publicitaire, de passer le Grand Oral des GG. - Avec : Maxime Lledo, étudiant. Marie-Anne Soubré, avocate. Et Jacques Maillot, fondateur du voyagiste "Nouvelles Frontières". - Les Grandes Gueules, du mardi 9 octobre 2018, présenté par Alain Marschall et Olivier Truchot, sur RMC et en simultané sur Numéro 23.

Les "Grandes Gueules" c'est "le show qui vous parle et qui parle de vous"… alors tout le monde parle des GG ! Chaque jour, Alain Marschall et Olivier Truchot sont à la barre d'un talk-show de trois heures en direct intégral avec des personnalités peu ordinaires que sont les "Grandes Gueules". Des personnalités issues de la société civile ! Ils ne sont pas journalistes mais commerçant, commissaire de police, instituteur...

RMC est une radio généraliste, essentiellement axée sur l’actualité et sur l’interactivité avec les auditeurs, dans un format 100% parlé, inédit en France. La grille des programmes de RMC s’articule autour de rendez-vous phares comme la matinale de Jean-Jacques Bourdin, les Grandes Gueules, Radio Brunet ou M comme Maïtena.

samedi 23 décembre 2017

Un message de Jacques Séguéla : Un geste solidaire pour les fêtes de fin d’année








Chers amis,

C'est avec honneur que nous vous proposons de clôturer cette fin d'année en beauté par un geste solidaire. Un geste solidaire pour aider à lutter contre l'insuffisance cardiaque, lutte orchestrée par le Professeur Philippe Menasché, chirurgien cardiaque à l'Hôpital Européen Georges Pompidou, qui a fait de ce combat son quotidien.

Ce chirurgien de cœur est à l'origine d'une découverte importante : l'utilisation de cellules souches et des substances qu'elles sécrètent pour soigner cette maladie fréquente et grave, souvent plus fatale que le cancer.
Ce véritable médicament biologique d'avant-garde active les voies de réparation dans le cœur lui-même et permet d'améliorer sa contraction. 

Nous faisons donc appel à vous aujourd'hui, pour soutenir ce projet. Vos dons permettront au Professeur Menasché de créer un produit à partir de ce ‘jus de cellules’, traitement moins couteux que le recours aux greffes de cellules. Ainsi un grand nombre de patients auront accès à ce traitement efficace, à ce soin vital.

Nous comptons sur vous et votre générosité, et nous vous souhaitons de très bonnes fêtes.

Bien à vous,
HAVAS Group









PS : Vos dons avec Thellie.org
Thellie est une plateforme non-profit de crowdfunding qui rassemble des communautés de chercheurs, des citoyens, des associations, des entreprises pour accélérer le progrès médical. Nous appuyer sur Thellie c'est avoir la garantie d'une transparence sur la gestion financière et la traçabilité des dons, c'est faire le choix d'une efficacité redoutable puisque 100% des dons sont renversés aux projets de recherche et déductibles des impôts. 









jeudi 12 janvier 2017

Jacques Séguéla : le nouveau média n’est pas le digital ni la data, c’est l’idée @Viuz





Jeunesse ! Nous avons rencontré Jacques Séguéla qu'on ne présente plus. Du 11ème étage de la Tour Havas à Puteaux, dans son vaste bureau orné des nombreux prix glanés tout au long d'une grande carrière publicitaire, il nous accueilli avec beaucoup de simplicité et de sincérité. Nous avons parlé pub, digital, et, forcément, politique.

A noter qu'il vient de sortir son nouveau livre au titre bien signifiant : Contre nos peurs changeons d'intelligence ! 

Jacques a répondu à nos questions :
Où en est la pub ?
Que dirais-tu à un jeune qui se lancerait dans la pub ?
Qu'aimes-tu et qu'aimes-tu moins dans le digital ?
Y a-t-il des remèdes à la crise que nous traversons ?
2017, année politique : un mot ?
Communication politique : quel conseil aux candidats ?

Quelques extraits :


Contrairement aux idées reçues, la publicité n'en est qu'au début de sa carrière

Notre groupe (Havas) est passé de 15000 publicitaires à 20000 en 2 ans et demi

Aujourd'hui les mathématiciens relaient les créatifs, mais les mathématiciens n'ont pas d'idées

L'adblocking est le rejet de la mauvaise pub

Je le dis depuis 40 ans : trop de pub tue la pub

Etonne-moi ! c'est la définition de la publicité

La vieillesse commence quand les regrets l'emportent sur les rêves

lundi 12 décembre 2016

Jacques Séguéla sur Castro : "l'icône est devenue la marque mondiale de la guérilla" par le JDD



VERBATIM - Jacques Séguéla, cofondateur de l’agence de communication RSCG, analyse l'imagerie du mythe révolutionnaire Castro.




J’ai découvert la symbolique Fidel à sa naissance. Au printemps 1960, à mi-tour du monde en 2 CV, je débarquais après la traversée de l’Afrique de l’Amérique à La Havane. Le règne du père de la révolution cubaine débutait, et déjà son effigie couvrait les murs de la ville.
«L’histoire de la révolution se vendait en image d’Épinal »

Pas une fenêtre qui n’affiche sa loyauté en drapeaux de fortune, pas un mur qui ne crie "merci Fidel" en dix lettres de goudron. Partout flottait le bonheur des lendemains qui chantent. Et déjà, l’histoire de la révolution se vendait en image d’Épinal au bord des trottoirs.

Les garçons portaient de fausses barbes et les filles des casquettes militaires. La révolution n’avait que quatre semaines. Le rêve entamait sa marche.
Fidel Castro était porté par tout un peuple qui déifiait son libérateur avant même qu’il ne gouverne. Je pensais avec Charles Péguy que "l'espérance est une petite fille qui se lève tous les matins". La fantasmagorie fait de même.

Lire aussi : Cuba sans Fidel
"N’avait mis la barbe à la mode avec un demi-siècle d’avance ?"

Ainsi vont les mythes : ils naissent des cœurs des peuples et non de la tête des publicitaires ou des designers. Ils sont élémentaires, simples mais pas simplistes, première nécessité pour franchir les frontières. Ils sont simples et emblématiques pour traverser les ans.

Mais les signes ne marquent leur temps que lorsqu’ils donnent un sens à leur siècle et une incarnation à leur créateur.
«Les marques ne rivalisent pas contre l’Histoire»

Chaque trait dessine la légende. Le visage à la fois baroudeur, penseur et jouisseur de Castro mordant son cigare à pleines dents comme il mordait la vie aurait-il eu le même impact s’il n’avait mis la barbe à la mode avec un demi-siècle d’avance ? Et serait-il devenu un des plus oniriques logos humains, rivalisant avec son frère d’armes et de cœur le Che ?

Son fumet : le havane. L’icône se fabriquera par la magie de l’imagerie planétaire. Elle deviendra la marque mondiale de la guérilla.

Lire aussi le verbatim de Kouchner sur Castro : "Son socialisme tropical n'avait plus de visage humain"

Des décennies de pouvoir passeront sous les ponts de l’Histoire. Et voici que Fidel Castro - la vieillesse est un naufrage - change de look. Le battle dress se mue en jogging Adidas. La révolution serait-elle devenue celle de la consommation ? Non, jamais Castro ne portera la marque Nike, symbole des États-Unis. Les marques ne rivalisent pas contre l’Histoire. Il n’y aura pas de Fidel Friday Wear, le treillis restera son habit de lumière, la barbe son auréole, la caquette sa couronne. Merci Fidel.


mercredi 8 juin 2016

Roland Cayrol face à Jacques Séguéla: Retour sur la visite d'Emmanuel Macron à Montreuil by BFMTV



Le face à face de Laurent Neumann a opposé Roland Cayrol, directeur du Centre d'études et d'analyses (Cetan) et du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), et Jacques Séguéla, publicitaire, consultant chez Havas. - 19h Ruth Elkrief, du lundi 6 juin 2016, présenté par Laurent Neumann, sur BFMTV.

Jacques Séguéla VP of global creativity at Havas officially opens Havas Village Jakarta by http://www.campaignbriefasia.com


Havas Indonesia announces the official opening of Havas Village Jakarta, an integrated office that houses creative, media, digital, PR and all the specialist brands of the agency group, under one roof. Havas Village Jakarta becomes the 39th village to be launched by the group, and embodies the group's "Together" approach, a collaborative model that aims to provide clients seamless integrated solutions with digital at the core. Havas Village Jakarta is also the 16th village in APAC.

Located in Menara Sentraya, in the heart of the bustling city of Jakarta, and occupying an area of 3000 square meters on the 11th floor, the village in Indonesia accommodates 260 strong people across all the brands of the agency including Havas Worldwide, Havas Life, Havas Media, Arena Media, Ecselis & Mobext.


Havas Jakarta launch.jpgHavas Jakarta launch3.jpgHavas Jakarta launch4.jpg
Havas Village Jakarta was officially launched by France's creative legend Jacques Séguéla, VP of Global Creativity at Havas (pictured above centre), in an event attended by clients, partners,
employees and the regional leaders of Havas.

Commenting on the launch Séguéla said "I am very honoured to be invited as the chief guest for the launch of Havas Village Jakarta. The idea of media and creative being located together is very close to my heart. I had been rooting for this structure for the last ten years and it is satisfying to see it become a reality. I strongly believe that clients are looking for coherence in marketing and do not want to go to different agencies for different needs."

Matt Wiggers, CEO of Havas Worldwide Indonesia, said: "Our move into the village marks an important phase in the evolution of Havas Indonesia. To best facilitate meaningful connections, the agency has designed an open office, where employees work together as one team to produce integrated ideas and solutions that are fresh, fun and meaningful. The aesthetics have been built keeping in mind the needs of not only employees but also clients."

"It has been two months since we moved into the new office and we are able to clearly see the benefits this has brought us. The philosophy of bringing media and creative agencies together has already proven to be phenomenally successful in other markets. We already have robust operations in Indonesia and I have no doubt that this move will make us stronger," added SK Biswas, CEO of Havas Media Group, Indonesia.

lundi 28 mars 2016

Anne Rosencher face à Jacques Séguéla: Doit-on prendre au sérieux les propos de Patrick Kanner sur les Molenbeek à la française ?



Le face à face de Ruth Elkrief a opposé Anne Rosencher, directrice adjointe de la rédaction de Marianne, à Jacques Séguéla, publicitaire, consultant chez Havas. Ils sont revenus sur la comparaison faite par Patrick Kanner entre la commune belge de Molenbeek et certains quartiers français. Une semaine à peine après les attentats de Bruxelles, le ministre de la Ville a affirmé qu'il existe en France "une centaine" de quartiers qui présenteraient "des similitudes potentielles avec Molenbeek". Des propos qui suscitent la polémique, alors que cette commune de l'agglomération de Bruxelles se retrouve ces derniers jours au cœur des enquêtes sur les filières jihadistes. - 19h Ruth Elkrief, du lundi 28 mars 2016, présenté par Laurent Neumann, sur BFMTV.

jeudi 10 septembre 2015

#PDLP : Jacques Séguéla attribue une pub à chaque chroniqueur ! - Europe 1



Il est l'homme de la "force tranquille" de François Mitterrand. Jeudi, Jacques Séguéla était l'invité de Cyril Hanouna sur Europe 1. Assis aux côtés de Jean-Pierre Foucault, Jean-Luc Lemoine, Estelle Denis, Olivier de Kersauson et Valérie Benaïm, Jacques Séguéla a attribué à tous les chroniqueurs des publicités dans lesquelles ils pourraient tourner, slogan à l'appui.

mardi 8 septembre 2015

Huffingtonpost: Astérix et "Le Papyrus de César": Découvrez le grand méchant du prochain album (EXCLUSIF)

par 



ASTÉRIX - Parce qu'il n'y a de bonne histoire sans bon méchant, le prochain album d'Astérix mettra en scène un conseiller de César, prêt à tout pour contrecarrer les plans de nos Gaulois préférés. La 36e aventure du petit Gaulois, intitulée "Le Papyrus de César", sera disponible le 22 octobre prochain mais Le HuffPost vous dévoile d'ores et déjà le nom et le look du méchant de l'album. Et quelques autres indices...



Le méchant de l'histoire s'appelle donc... Bonus Promoplus. "Une fois n'est pas coutume, son nom a un lien avec sa fonction" glisse Jean-Yves Ferri, le scénariste de l'album qui avait déjà écrit l'histoire du précédent album, Astérix chez les Pictes.

L'adversaire du village gaulois a donc toutes les chances de travailler dans les domaines du marketing, de la publicité, la communication...

Le nom qu'il aura dans les autres langues - Astérix étant traduit dans plusieurs dizaines de langues - confirment qu'en matière de ventes, Promoplus en connaît un rayon: en anglais, il s'appellera Blockbustus, en espagnol Promoplús, en italienBestsellerus, en allemand Syndicus, en portugais Vendetudus et Promocionusau Brésil.

À qui ressemble-t-il? C'est forcément LA question que l'on se pose tant les caricatures sont présentes dans le petit monde d'Astérix. Bernard Blier, Lino Ventura, Jacques Chirac, Pierre Tchernia ou Sean Connery avaient déjà été représenté sous les traits de méchants romains . Le scénariste, Jean-Yves Ferri, et le dessinateur, Didier Conrad, ne s'en cachent pas: ils se sont inspirés de Jacques Séguéla, le célèbre publicitaire français fondateur de l'agence Euro RSCG (devenu depuis Havas Advertising).




Alors qu'il a fêté ses 50 ans en 2009, Astérix n'a pourtant toujours pas de Rolex... On peut donc dire qu'il a raté sa vie.

Pour autant, il ne s'agit surtout pas d'une caricature de l'auteur de la campagne présidentielle de Mitterrand en 1981. Seulement d'une inspiration, d'un modèle de base. "Il connaît les rouages du pouvoir, les comprend, en anticipe les retombées. Ce personnage est à la fois un conseiller de l'ombre mais qui est à l'aise en société et évolue dans les cercles d'influence. Il fallait traduire cette duplicité dans le visage".

Bonus Promoplus est finalement assez vieux pour l'univers d'Astérix, si l'on excepte quelques vieillards comme Agecanonix. "J'avais des photos de Séguéla âgé, donc je suis parti sur quelqu'un d'âgé..." s'amuse Didier Conrad avant de préciser: "Les cheveux longs étaient une manière non seulement de contrebalancer le gros nez et de cacher un peu son cou qui aurait paru un peu trop tordu vu sa physionomie, mais aussi un moyen de le rajeunir un peu. C'est un vieux qui cherche à faire jeune...".

Qu'en a pensé le maître Albert Uderzo, qui ne dessine plus mais garde un oeil vigilant sur sa création? "Mais je l’ai trouvé très bien! affirme Albert Uderzo. Il est très représentatif de l’esprit d’Astérix concernant les méchants bien sûr. Il est petit, il a l’air teigneux, il me convient comme cela.

jeudi 20 août 2015

Vincent Bolloré, l'homme d'affaires qui se mêle de tout par Marc Baudriller pour Challenges


Dans l’audiovisuel, comme auparavant dans les transports, la publicité ou la voiture électrique, l’homme d’affaires fait preuve d'un hyperactivisme pour mettre lui-même en place sa stratégie. Avant de céder les rênes à ses enfants.



L’hélicoptère Bolloré s’est posé chez Vivendi. Installé quatre jours par semaine dans le plus beau quartier de Paris, avec vue plongeante sur l’Arc de triomphe, Vincent Bolloré est le président du conseil de surveillance le plus actif de la place. Il pourrait, comme tous ses pairs, se contenter de déléguer à Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire, ou de laisser les manettes à Bertrand Meheut, le patron de Canal+, la filiale la plus importante du groupe de communication. Mais non, il s’occupe de tout – jusqu’à mettre son nez dans la grille de rentrée et supprimer Le Grand Journal – ; a un avis sur tout, y compris sur les emblématiques Guignols – « un programme qui a 30 ans est un vieux programme » – ; et se moque de déstabiliser la hiérarchie : « Débarquer dans une entreprise, c’est comme entrer dans un téléphérique. Au début, tout le monde se pousse un peu, et puis très vite chacun trouve sa place. »Pas toujours cependant : Rodolphe Belmer, le directeur général de Canal+ sèchement limogé le 3 juillet, est, lui, resté à quai.

Hyperactivisme


Ni Puyfontaine ni Meheut ne disent mot. Et Bolloré balaie d’un revers de la main les rumeurs d’un autre départ, du PDG de Canal+ cette fois : « Bertrand est mon ami, je le vois tout à l’heure. » Avant de l’assassiner dans la phrase suivante : « Canal est attaqué, il lui manque des accords avec des majors aux Etats-Unis, le groupe doit sortir des frontières : Canal doit bouger. » Son PDG également ? En tout cas pas avant l’automne.

De cet hyperactivisme, Bolloré rit en haussant les épaules : « Quand j’étais en 9e, mon institutrice avait écrit sur mon bulletin : “Vincent se mêle de tout, il n’a plus qu’à prendre ma place” ! » Et quand on avance que certains, au conseil de surveillance, pourraient penser la même chose, il sort l’argument imparable : « Ils savent que, avec 15 % des actions, je suis le premier actionnaire de Vivendi. Et de loin ! »

Au nom de cette légitimité, il a de grands desseins pour le groupe :« Projeter la culture française dans le monde entier. Face aux Etats-Unis, qui exaspèrent une partie du monde, et face à l’Asie, à la culture parfois jugée plus hermétique en Occident. » C’est son axe, sa stratégie. L’homme d’affaires a devant lui 8 milliards d’euros de cash issus des ventes des actifs de Vivendi. Il en a dépensé 3 pour acquérir Dailymotion et Telecom Italia. Mais il a surtout cette énergie qui électrise aujourd’hui l’audiovisuel, comme elle a bousculé le transport, la logistique en Afrique, la publicité, la télévision, la voiture électrique, ces secteurs disparates sur lesquels l’homme d’affaires a successivement posé sa patte.

Observation et réorganisation


Les vieux routiers d’Havas se souviennent que, dès l’installation du groupe publicitaire dans la tour voisine du siège de Bolloré, à Puteaux, en bord de Seine, le patron a fait percer deux passerelles. « Vous ne pourrez pas savoir par où j’arrive », a-t-il averti, rieur. La méthode est toujours la même. « Il est présent, décrit Yannick Bolloré, désormais à la tête d’Havas. Mais il laisse les choses se faire, il écoute, prend la température. » Alain Minc, moins langue de bois, parle du « choc créé par la rencontre entre un entrepreneur et une bureaucratie : ça secoue, puis ça décante, et vous voyez apparaître les bons ».

Comme il l’avait fait à Havas, il casse les baronnies et insuffle son énergie aux équipes endormies. A Vivendi, c’est la culture de silo traditionnelle qu’il a brisée. Après Los Angeles en juillet 2014, puis Paris en janvier, c’est à Londres que Vincent Bolloré a réuni mi-juin les 50 dirigeants des différentes filiales durant un jour et demi. Le sexagénaire en pleine forme jouait ainsi les animateurs de luxe, sorte de Frédéric Taddeï du business, dans la cafétéria d’Universal Music Group, en plein quartier de Kensington à Londres, au siège mythique du géant du disque, propriété de Vivendi. Autour de lui, Arnaud de Puyfontaine, Bertrand Meheut et Rodolphe Belmer pour Canal+, Yannick Bolloré et Dominique Delport pour Havas, Cyrille Bolloré pour l’énergie, les représentants de l’Afrique, des transports, d’Universal Music… Ces personnages-clés de la galaxie se sont vus affublés d’une étiquette flatteuse : ce sont les « cofounders », autrement dit, les refondateurs de Vivendi. Rien de moins.

Après une soirée à Abbey Road, lieu rendu mythique par la légende des Beatles, aussi propriété de Vivendi, Vincent Bolloré a prévu une fin en apothéose avec le lancement des Bluecar londoniennes à Cavendish Square, ponctué d’un concert de Jamie Cullum, un artiste Universal. Ils ont, par petits groupes, cogité sur les contenus de dimension mondiale, les développements communs aux différentes branches du groupe en Grande-Bretagne, ou sur l’utilité pour tous de Dailymotion. Fini, l’époque où les dirigeants de Canal+ ne connaissaient même pas l’adresse du siège parisien d’Universal !

Main de fer


Mais la palabre n’a qu’un temps. Le vrai pouvoir, Bolloré ne le partage pas.« Tu es son ennemi ou son ami, lance Séguéla. Il faut choisir. » Une fois la décision prise, ce travailleur infatigable, sur la brèche tous les jours de 6 h 30 à 22 ou 23 heures, investit dans la mise en œuvre, avec une main de fer.« Il n’aime pas qu’on lui résiste et n’apprécie pas ceux qui lui manquent », assure un cadre du groupe. Bolloré n’est pas un colérique. Mais « je l’ai vu, sec, rhabiller les uns, très froid, dur avec d’autres », confie un cadre.

C’est la méthode de l’hélicoptère. Comme l’appareil sur un champ, Bolloré s’abat et plonge successivement sur chaque dossier. « Je fonds sur un sujet comme Google Earth », préfère-t-il dire désormais. Rien ne lui échappe : les -poignées de porte de son automobile électrique, la Bluecar, les détails de la conception intérieure. « On ne peut pas lui raconter de coups, raconte Michel Roussin, son bras droit en Afrique, à fond sur un projet fou de voie ferrée. Il connaît parfaitement la différence entre un rail de 32 kilos et un rail de 54 kilos. Il sait celui qui tiendra. » Lors de la reprise d’Havas, il a fait le tour des clients. Il avait lu les fiches de chacun d’eux et ne partait pas sans avoir laissé son numéro de téléphone mobile, recommandant de l’appeler au moindre problème. Les dirigeants étaient sidérés de le voir répondre aux clients à la minute même, quel que soit l’appelant.

Passation des pouvoirs


Bolloré remet l’activité à l’endroit : il l’a fait pour la publicité, la voiture électrique, l’Afrique, le transport… A la manière des empereurs romains, il laisse dans les territoires conquis quelques hommes – il n’a changé que le patron et le directeur financier d’Havas, par exemple – et se penche sur d’autres sujets. « J’ai complètement délégué Havas à Yannick, et BTL [Bolloré Transport et Logistique] à Cyrille. » Non sans avoir disposé autour de ses fils, brillants, un staff solide et expérimenté. Vincent Bolloré ne vient plus aux avant-premières d’Havas, n’apparaît plus dans les murs. -L’hélicoptère a atterri ailleurs. A Vivendi, il estime que, dans quelques mois, il n’aura plus besoin d’être là.

Pourtant, il a encore des années devant lui, ayant fixé au 1er avril 2022, quand il passera le cap des 70 ans, le moment où il lâchera le manche. « Son allié, c’est le temps, explique Jacques Séguéla. Quand il lance une activité, il veut la réussite, mais il a le temps. Le CAC 40 est l’esclave du temps. Lui n’en a rien à f… » Il a investi à perte 100 millions d’euros par an en Afrique durant dix ans, avant de porter son investissement à 200 millions par an depuis l’an 2000. Le stockage de l’électricité a englouti 2,5 milliards d’euros d’investissements sans que la rentabilité soit vraiment au rendez-vous, mais elle a donné naissance aux Bluecar, notamment… Et, aujourd’hui, il a demandé à son fils Sébastien d’ouvrir à Los Angeles la première succursale de Blue Solutions en Californie. A un pâté de maisons du siège de Tesla, la firme automobile du légendaire Elon Musk : « Ils valent 70 milliards de dollars, il faut savoir se rapprocher de ceux qui réussissent ! »

Lente imprégnation


Son allié, c’est, avec l’humour, surtout la saga familiale, outil majeur de la séduction Bolloré. Pour ancrer son entreprise dans la durée, il fallait intéresser les enfants à l’affaire et les former. Les trois fils et la fille de Vincent Bolloré sont maintenant présents dans les arcanes du groupe, et le hasard n’y est pour rien. C’est une lente imprégnation, la plus joyeuse et la plus légère possible que décrit Cyrille Bolloré. Aussi loin qu’il se souvienne, le frère cadet de Yannick a vu son père rentrer de voyage et le raconter devant une carte déployée. « Il faisait cela de façon très ludique. Il nous expliquait que la Côte d’Ivoire, c’est le cacao, le Kenya, les roses. Il nous montrait d’où descendait le coton, où poussaient les noix de cajou, les lieux d’habitation des différentes tribus. Cela l’amusait, je crois que cela lui permettait aussi de réviser. » Quasiment du Tintin en Afrique…

Les fils se réjouissent ou s’émeuvent au rythme des activités de l’entreprise. Lorsque le froid commence à pincer, Vincent Bolloré se frotte les mains :« C’est bon, on vend du fuel ! »« J’ai été bercé par l’histoire du lithium, ajoute Cyrille. On se demandait si les ressources seraient suffisantes. Dans mon lit d’enfant, je m’endormais en me disant : “Il faut qu’on trouve des mines de lithium !” »

Avec ses enfants, le patriarche tient aujourd’hui les rênes tout en souplesse.« Dans les grands briefings, jamais je n’ai vu Vincent Bolloré interrompre ses fils ou les contredire, jamais je n’ai entendu de reproches publics », note Michel Roussin. Jacques Séguéla a noté « beaucoup de tendresse et de doigté pour préparer [Yannick] ». Cyrille confirme : « Certains héritiers ont eu de grosses pressions : nous, on ne nous a jamais fait peser le poids du destin familial, jamais mis sous pression. » Difficile de faire atterrir l’hélicoptère à la table familiale. 

Marc Baudriller et Jean-Baptiste Diebold



A Yannick, l'empire de la publicité

« Yannick était mon fils, maintenant, je suis son père ! » Vincent Bolloré résume en quelques mots glanés à l’extérieur la réussite de son second fils. A 35 ans, Yannick Bolloré pilote l’empire Havas, son 1,8 milliard d’euros d’activité et ses 16 000 salariés répartis sur tous les continents. Avec une implication de tous les instants pour résoudre des enjeux compliqués. Sur les activités d’Havas plane la menace des grands groupes de technologie américains, les Google, Amazon, Facebook… tentés de se passer des agences médias pour vendre leurs inventaires publicitaires. Menace de la conjoncture dans tous les pays où le groupe est présent sur cette activité sensible. Menace des grands comptes toujours tentés de remettre en compétition leurs budgets ou d’intégrer les services rendus par l’agence…

Le poste n’a rien d’une sinécure. « On bosse énormément, explique Dominique Delport, le patron d’Havas Media. Mais chacun est one click toYannick. C’est un sérieux gage de succès. Il y a très peu de ligne hiérarchique, la réaction est rapide. » Le fils de Vincent Bolloré, qui rêvait de cinéma et que la rumeur donne régulièrement à la tête de Canal+, se dit comblé à Havas : « Nous traversons une période bénie. La conjoncture est favorable, la croissance est là, nous gagnons des budgets. » Mais il reste lucide quant à sa situation : « J’ai eu la chance de pouvoir griller les étapes dans une famille à l’esprit entrepreneurial. »

Entouré de managers expérimentés, Yannick Bolloré a désormais la haute main sur la stratégie du groupe, suivi de loin par son père. « J’essaie de l’impliquer quand il faut, explique Yannick. De trouver le bon niveau d’information à lui transmettre. » Très attaché aux racines familiales, aux week-ends partagés avec ses frères, sa sœur et son père, Yannick a pris du recul. « Travailler en famille est une chance quand tout se passe bien, mais ce n’est pas plus simple. C’est formidable ou plus compliqué, car l’émotionnel et l’irrationnel peuvent entrer en jeu. » 



A Cyrille, le transport et la logistique

Le jeune homme timide que son père tentait de valoriser dans les interviews, le débutant méconnu écrasé par la surface médiatique de son frère Yannick et l’imposante personnalité de son père, a fait du chemin. Agile, volubile, souriant, gai, jonglant avec une aisance d’acrobate entre les chiffres, les structures complexes et les innombrables activités de l’immense groupe qu’il dirige, Cyrille Bolloré préside, à 30 ans tout rond, aux destinées des… 36 000 salariés de Bolloré Transport et Logistique dans 102 pays du monde.

Le troisième fils de Vincent Bolloré faisait du trading à New York voilà huit ans lorsque son père lui a proposé de venir faire « la même chose » au sein du groupe familial, dans une filiale de trading de pétrole. Le jeune diplômé de Dauphine et de Westminster University a hésité, puis a plongé dans… la logistique pétrolière. Un univers bien éloigné de ce que son père lui avait promis ! « Je lui ai proposé de faire du trading, et puis j’en ai rajouté dans la brouette », explique Bolloré père.e jeune homme timide que son père tentait de valoriser dans les interviews, le débutant méconnu écrasé par la surface médiatique de son frère Yannick et l’imposante personnalité de son père, a fait du chemin. Agile, volubile, souriant, gai, jonglant avec une aisance d’acrobate entre les chiffres, les structures complexes et les innombrables activités de l’immense groupe qu’il dirige, Cyrille Bolloré préside, à 30 ans tout rond, aux destinées des… 36 000 salariés de Bolloré Transport et Logistique dans 102 pays du monde.

Le jeune directeur adjoint approvisionnement et logistique de Bolloré Energie est passé du fuel aux matières premières, de la logistique au négoce, des ports aux chemins de fer africains. Il est désormais le numéro deux du groupe, juste derrière son père, avec les fonctions de directeur général délégué et de vice-président administrateur délégué. En clair, Cyrille est désigné pour reprendre les rênes du groupe s’il arrivait malheur à Vincent Bolloré.

De son père, il assure n’avoir pas entendu de grands discours sur le management, ni reçu beaucoup de conseils de gestion. Seulement un peu de talent pour faire rêver, et une capacité à déléguer : « Sa grande force, c’est qu’il nous pousse et nous responsabilise : tu dis quelque chose, tu le fais ! »Sous l’avalanche de chiffres, de structures et d’initiatives, la passion est indéniable. « Je ne regrette pas d’avoir quitté la finance », dit-il. Et ce n’est pas la moindre des réussites de Vincent Bolloré d’avoir fait passer cette passion : « C’est subliminal. » 

A Sébastien et Marie, les voitures électriques

Sébastien, 37 ans, l’aîné de la fratrie, et Marie, la dernière, sont plus discrets que Yannick et Cyrille. Diplômés tous les deux de Paris-Dauphine, comme leurs deux frères – « Il y avait la ligne de bus directe depuis la maison ! »rigole Vincent Bolloré –, ils n’en sont pas moins, eux aussi, aspirés dans le groupe qui porte leur nom.

Installé à New York, Sébastien s’occupe du développement de Blue Solutions, la filiale spécialisée dans le stockage d’électricité, aux Etats-Unis. Il a créé la structure Blue à Los Angeles et installera à la rentrée les Bluecar, ces petites voitures bleues construites en parte-nariat avec Peugeot Citroën, à Indianapolis. « Sébastien ne voulait pas diriger de grandes équipes : il est la tête chercheuse du groupe », dit son père. Il est parti en Corée du Sud ou en Australie observer les expériences qui pouvaient être utiles au groupe.ébastien, 37 ans, l’aîné de la fratrie, et Marie, la dernière, sont plus discrets que Yannick et Cyrille. Diplômés tous les deux de Paris-Dauphine, comme leurs deux frères – « Il y avait la ligne de bus directe depuis la maison ! » rigole Vincent Bolloré –, ils n’en sont pas moins, eux aussi, aspirés dans le groupe qui porte leur nom.

A 27 ans, Marie vient de rejoindre le groupe. Propulsée administratrice de Mediobanca dans le fauteuil de Vincent Bolloré, qui s’en sert de vigie du capitalisme italien. Et suit, comme ses frères avant elle, un parcours initiatique. Plongée parmi les équipes qui développent les voitures électriques à Vaucresson, Marie est en charge du marketing de la nouvelle auto du groupe, la Bluesummer, version décapotable de la Bluecar. « Elle doit en vendre 500 cette année, rappelle son père. On verra si elle y arrive ! C’est un beau challenge. Je me réjouis qu’elle nous ait rejoint. »

samedi 1 août 2015

Séguéla, le roi d’Arabie à Vallauris et le lion Cecil: les vidéos les plus vues cette semaine

Pour ne rien manquer des images fortes, retrouvez le palmarès des cinq vidéos les plus vues qui ont marqué la semaine sur BFMTV.com.



1- Séguéla: "Même clochard, on peut économiser 1.500 euros!"


Revenant sur sa phrase sur la Rolex de Sarkozy, Jacques Séguéla affirme avoir dit "la plus grande connerie de (s)a vie". Invité de la série de l’été "Retour vers le passé" lundi sur BFMTV, le célèbre publicitaire est revenu sur sa phrase de 2009: "Si à cinquante ans on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie". Cette affirmation avait très rapidement soulevé un tollé. Jacques Séguéla a admis une "connerie" mais a estimé avoir été mal compris et ne regrette pas de l'avoir dite. "Ça voulait dire que la vie est un rêve, qu’il faut rêver de tout. Il n’y a pas de raison de dire aux gens 'Vous êtes condamnés à ne jamais vous faire le plaisir de votre vie'. On a quand même le droit, même si on est clochard, on peut arriver à mettre de côté 1.500 euros!", a-t-il assuré. Cette dernière phrase a suscité à nouveau de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.