mardi 3 septembre 2013

La première école Tapie, c’était à Béziers - MIDI LIBRE

Par CLÉMENCE FULLEDA 

Alors que l'homme d'affaires est au coeur d'une tourmente judiciaire, à Béziers, certains lui doivent leur carrière. Ils sont passés sur les bancs de l'école Tapie, dont le premier établissement avait ouvert dans les locaux de la CCI. Souvenirs. 

La chambre de commerce et d’industrie trône toujours sur les Allées Paul-Riquet. Mais aujourd’hui, peu de gens se souviennent que dans ces locaux, il y a 27 ans, Bernard Tapie inaugurait sa première école de vente.

Sous l’impulsion du grand patron de Citroën de l’époque, Georges Falconnet, l’homme d’affaires au sommet de sa gloire s’était rapproché de Marc Tressol, concessionnaire du même groupe à Béziers et président de la CCI. "Et comme avec Tapie, les choses ne traînent pas, l’école a ouvert ses portes très vite", assure Jacques Séguéla, son ami de toujours.

Carole Cassoly faisait partie de la première promotion. "La sélection avait été très exigeante, se souvient-elle. Sur plusieurs centaines de candidats, le jury, dont Jacques Séguéla fait partie, ne garde "que la crème" : 40 filles et garçons, entre 18 et 25 ans, motivés et prometteurs, séparés en deux groupes égaux. "Des jeunes sans emploi ou qui s’ennuyaient dans leur boulot."

Des cours le samedi, parfois même le dimanche

L’objectif : insérer rapidement ces élèves sur le marché du travail en leur apprenant le maximum de techniques de vente et de commerce. "La formation durait trois mois, explique Sylvain Bonnot, formé en 1987, deux ans après avoir raté son bac. On avait cours de 9 h à 20 h, samedi et parfois dimanche inclus." L’école est gratuite, et, selon les années, certains étudiants reçoivent des indemnités en tant qu’apprentis.

Une quinzaine de professionnels dispensent des cours de marketing, mechandising, de négociation, parfois de training vidéo. Les élèves deviennent des éponges. "La première semaine, on nous a mis dans un tel état de fatigue qu’on a tout absorbé sans même s’en rendre compte. J’ai appris en quelques mois ce que je n’ai fait qu’approfondir en école de commerce pendant trois ans par la suite", assure Sylvain Bonnot, qui travaille aujourd’hui sur les produits financiers.

"On trouvait tous du boulot à la sortie"

Un ami de sa promotion avoue avoir gardé tous les cours. "C’était très pro, on venait en costard cravate, raconte-t-il. Et à la sortie, on trouvait tous du boulot." Jean-Marc Bartier n’a lui même pas fini la formation car il a trouvé du travail au bout de deux mois dans une entreprise de défiscalisation. "Cette école m’a vraiment donné confiance en moi", confie-t-il, ému.

Fort de son succès biterrois, Tapie a ensuite ouvert quatre autres établissements privés, à Marseille, Ambert, Compiègne et Montreuil. À Béziers, la formation a dû s’arrêter en 1995, faute de financement. Et si les anciens élèves sont divisés sur Bernard Tapie, lui reconnaissant cependant tous un charisme hors du commun, ils conservent avec nostalgie le souvenir de cette école unique en son genre.

JACQUES SÉGUÉLA : "BERNARD TAPIE RÊVE DE ROUVRIR CES ÉCOLES !"



Le publicitaire était de l'aventure auprès de son ami Bernard Tapie. Il se souvient. 

Qui a eu l’idée d’ouvrir une école de vente à Béziers ? Bernard Tapie ?
Je crois que c’était lui, oui. Mais rien n’aurait été possible sans Georges Falconnet, directeur de Citroën. C’est d’ailleurs lui qui m’a fait rencontrer Tapie, dans les années quatre-vingt. Depuis, c’est toujours mon grand ami. Avec Georges et Bernard, nous avons rencontré le truculent Marc Tressol (concessionnaire Citroën à Béziers, NDLR) lors d’un déjeuner pour discuter de cette formation. En quelques heures, c’était réglé !

Vous avez donné des cours dans cette école ?
J’ai d’abord participé au jury pour sélectionner la première promotion. À l’époque, Tapie connaissait ses premiers moments de gloire et Midi Libre avait parlé de la formation ; alors trois à quatre cents jeunes, venus de toute la France, se sont présentés. On a voulu faire comme à Polytechnique : ne prendre que ceux capables d’en sortir. On a sélectionné la crème de la crème. Après, dans l’année, je venais donner quelques cours de publicité. J’ai grandi à Perpignan donc je connaissais déjà la région.

Ça reste un bon souvenir pour vous ?
Un souvenir incroyable, comme tous mes souvenirs avec Bernard Tapie.

Et pour lui ?
Pour lui aussi. Avant d’avoir tous ces ennuis avec le Crédit lyonnais, je me souviens qu’il m’avait dit qu’il rêvait de rouvrir des écoles comme celle de Béziers.

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