lundi 15 août 2016

Remi Baninet par Jacques Séguéla pour Strategie



Remi je t’aime,



Rémi, tu es le fils de Pablo. 


Le hasard ne frappe jamais par hasard : on ne rejoint pas le club très fermé du Top Ten des créatifs worldwide sur un coup de chance. Tu es né prédestiné. Picasso professait « qu’il avait mis sa vie à devenir un enfant », tu n’as pas attendu de vieillir. Sur ton berceau se sont penchée la fée curiosité (chez toi constitutive), la fée inventivité (chez toi quotidienne), la fée insatiabilité (chez toi multiculturelle). L’enfant n’a pas grandi, il s’est simplement métastasé en musicien, photographe, auteur, designer, et créateur de pub, de mode, de lieux, d’ailleurs et d’autrement. Quel autre que l’enfant que tu as su rester aurait il pu créer la saga des bébés Evian ? Et son apothéose avec le nouvel épisode : Alerte à Baby beach !



Rémi, tu es fils de Malcom. 

Tes études littéraires et ta jeunesse libertaire t’a vu défiler contre la loi Devaquet un entonnoir sur la tête et te défiler sac au dos au Mexique sur les traces de ton deuxième maitre Lowry. Ton éclectisme marié à ton talent polyvalent ont forgé ta marque de fabrique : liberté de penser, de créer, d’exister. Tes pairs sont, pour la plus part, des intuitifs intrusifs : tu es un réfléchi respectueux. Intelligence à fleur de peau, exigence à fleur de nerf, poète des mots et peintre des images, tu es le plus pur et dur des bâtisseurs de marques que j’ai jamais rencontré. Les publicitaires sont des hommes pressés, tu as la vie devant toi. Ils ne doutent de rien, tu doutes de tout mais pas de toi, cool mais pas coulant, zen pas chiant, austère mais pas sectaire. Ta vision de la création est dominée par ta pensée mais sa traduction est simple, épurée, essentielle, seul antidote à la complexité du monde et la saturation des messages qui nous asphyxient. Tu cultives l’ouverture, en opposition au modèle ayatolesque de nombres d’agences pseudo-créatives, tu prônes l’imagination collective. Et elle te le rend bien.



Rémi, tu es fils de Woody.

Tu es là où il faut quand il ne faut pas, et là où il ne faut pas quand il faut. C’est la recette de ton maître Allen. Un jour Passage du Désir, n’en n’es-tu pas le premier marchand, le lendemain au Canal Saint Martin, n’as-tu pas partagé ton morceau de lumière avec tous les fils de pub que tu as formé ? Un jour gourou adulé par ton fan club mondial, un jour à la peine remettant cent fois sur le métier l’ouvrage, devenu œuvre. Tu ne transiges pas, tu ne te renies pas, tu ne de dédis pas.

Je connais ton secret de fabrication il n’a pas varié en un quart de siècle.

25 ans déjà, 25 ans à peine que j’ai la chance de te côtoyer : Paraître ne peux, si Etre ne peux. Que serait devenu Havas si tu n’avais pas un jour tenté l’aventure de BETC ?

Rémi, comment ne pas t’aimer ? Tu es notre maitre à tous et d’abord le mien.

Rémi je t’aime hier, aujourd’hui et demain.





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