lundi 14 mai 2012

WINNERS: 1001 RAISONS D’ESPERER



  Chaque pays a son sport. L’Angleterre le rugby, l’Amérique le base-ball, l’Inde le cricket, la France s’enorgueillit de pratiquer la désespérance. Le défaitisme allant au défaitisme aussi vite que l’argent va à l’argent, ce cancer nous ronge. 84 % des Français pensent à tort, que leur pays est moins performant sur le plan économique, que par le passé. Ils le voient entrer dans une lente agonie, que d’aucun juge irréversible. Ils oublient que nos grands parents ont connu deux guerres mondiales et 50 crises économiques et qu’ils en sont sortis vainqueurs 

  La France a mal à la France, mal chronique, mal cyclique, mal fataliste mais mal irréaliste. Le monde nous envie nos atouts et nos atours et nous refusons de les reconnaître. Nous sommes les sourds, aveugles et muets de notre bonheur de vivre. Il est temps d’ouvrir les yeux et nos neurones, et de remiser notre alarmisme, ce fond de commerce des analystes et des experts. Regardons notre destin en face plutôt que de nous lamenter sur le passé. Tout passé est dépassé, seul le futur a de l’avenir. N’ayons de nostalgie que de l’avenir. 

  La France est une chance comme l’écrit si bien Denis Gancel [1] dans son petit livre vert [2]. Il égraine avec ferveur les raisons d’être Français et optimiste. Cessons de nous apitoyer sur nos faiblesses, recensons nos forces, elles sont légion. Notre première arme est notre natalité, à 2 enfants en moyenne par femme, nous enfantons 280 000 bébés l’an, la moitié des naissances de nos 27 voisins européens réunis. A ce rythme, nous dépasserons en 2050 la population de l’Allemagne. Déjà 1 Français sur 4 a moins de 20 ans, nous voici en passe de devenir le plus jeune pays de notre vieux continent. Et en prime, le plus actif. Celui où les femmes sont les plus nombreuses à ne pas délaisser leur vie professionnelle pour leur vie maternelle. Ne nous en déplaise, notre vieille France était une idée neuve, mais une idée arrêtée. Nous avons, au siècle dernier inventé la photo, le cinéma, la télévision, l’automobile, la machine à vapeur, l’avion, le concorde, le TVG, la carte à puce, qu’attendons nous pour apporter notre pierre à l’édifice du XXIe siècle. 2èmes de la classe en mathématique, 4ème pour les Nobels de Médecine, 5e pour les prix de physique. Nous sommes le 6e pays du globe pour le dépôt de brevet internationaux mais nous laissons à nos concurrents le soin (et les profits) de les développer. Quelle soudaine perte de confiance en nos idées, au point de désespérance de négliger de les mettre en œuvre nous-mêmes. Et nous hurlons à la délocalisation, serions nous laxistes ? 

5e puissance du monde, 11 de nos entreprises sont dans le top 100 mondial, notre CAC 40 est l’un des plus envié du globe : 

  Leaders pour la grande distribution, N°1 du luxe, l’énergie, le BTP comme de l’aéronautique, mais tout autant la beauté, parce que « nous le valons bien », et de l’art de vivre, parce que nous le voulons bien : notre gastronomie est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Conséquence logique, notre « Douce France », Tour Eiffel en tête, reste la destination la plus visitée du monde (80 millions l’an). Etrange pays, préféré par tous les autres de la planète sauf un, le nôtre. Nous cultivons le paradoxe, c’est notre chance. Cette nation de râleurs, de chicaneurs, de rouspéteurs est la terre du bonheur : 87% des Français sont heureux, mais ne l’avouent que dans les sondages. En nous hurlons à l’injustice. Serions-nous cyclothimiques. 

  Bleu, Blanc, Rouge dans son âme la France est verte dans son cœur. Elle s’enorgueillit, sans le clamer suffisamment, d’être la première en maitrise de Co2. Nos concitoyens ne votent pas Eva Joly mais restent les meilleurs protecteurs de notre planète, et les 4e mondiaux de ce business de demain (8 000 entreprises / 400 000 emplois). En énergie c’est la médaille d’argent (de beaucoup d’argent), EDF et GDF Suez sont les 2 premiers producteurs d’électricité du monde qu’il nous offre 30 à 40% moins cher qu’au delà de nos frontières. Au feu les grincheux ! Nous menons la danse internationale dans bien d’autres secteurs, sans oublier, celui qui me touche au coeur, la publicité. Inventé par un Français, Charles Havas, dont nous sommes tous les fils de pub. L’optimiste a inventé l’avion, le pessimiste le parachute. Choisissons notre camp. Nos jeunes l’ont fait. Le palmarès dont nous pouvons être le plut fier est celui de nos créations d’entreprise : un rythme inégalé malgré la crise de 40 à 50 000 l’an. Et nous hurlons au déclin, serions-nous masochistes ? 

  Mais notre orgueil est ailleurs, c’est notre patrimoine culturel : fond de commerce et image de fond, 3 de nos musées, le Louvre, Orsay, Pompidou sont dans le Top Ten worldwide. Qui prétend que le Lido et le Crazy Horse sont nos 2 attractions les plus courues. Notre réputation de libertin reste une pub mensongère, comme celle de plaisantins : notre productivité horaire est supérieure à celle de l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre ou l’Espagne. Raison : 3 des meilleures écoles internationales (HEC n°1, Polytechnique n°7, ENA n°9) forment les grands managers de la planète et pour commencer les nôtres. Rien d’étonnant à ce que nous soyons un des leaders de l’attractivité. 20 000 entreprises étrangères sont implantées sur notre sol, 800 se sont installées l’an dernier en plein tsunami économique créant plus de 30 000 emplois. L’île de France compte 5 nouvelles installations par semaine. Nul ne dit mieux mais aussi, nul ne peut mieux. 

  Géographiquement la France est le HUB de l’Europe, distribuant le trafic entre le Nord et le Sud et la porte ouverte sur l’Euro-Méditerranée le grand dernier chantier de l’Europe. La géographie déterminerait-elle la psychologie des peuples : nous sommes par nature mi nordique, mi sudiste d’où notre réputation de nation d’harmonie et d’équilibre. Réputation que nous devons à nos femmes, notre gent masculine s’attribuant la vigueur et la rigueur. Nos couples sont des couples de force qui nous font avancer plus loin, plus vite, plus haut, selon la définition d’un autre Français, le créateur des JO. 

Que des chances donc mais la plus grande, surtout à mon âge, reste de vieillir jeune et plus longtemps que nos voisins. Merci la sécu, cette spécialité que nous envie la terre entière. La qualité, la gratuité, la proximité des soins reste le plus beau cadeau de notre république. Avec cet héritage de Rabelais et de Rimbaud, de Voltaire et de Gainsbourg, de Victor Hugo et de Céline, de Curie et de Gustave Eiffel, de Louis XIV et de de Gaulle, si frondeur mais si fonceur, si chicaneur mais si créateur, si traditionaliste mais si avantgardiste, si personnel mais si pluriel. Bref so French ! La France, c’est ce gout du beau et du bon, cette soif de culture et d’aventure, cette faim de penser et de dépenser, qui fait de nous le seul pays de la planète ou chaque terrien, rêve de se rendre au moins une fois dans son existence. Et nous hurlons au désamour. Serions nous récidivistes ? 

  D’où l’idée de Denis Gancel et Gilles Deleris, frères d’arme et de cœur, et co-fondateurs de l’agence W &Cie, de lancer une marque « France ». 87% des sondés y sont favorables et veulent en être les premiers promoteurs. « C’est notre affaire à tous proclament-ils et pas uniquement celle de l’état ». A cette heure de notre histoire, où tout doit recommencer sous peine de voir tout s’effondrer quel beau combat commun cela ferait. Imaginez 65 millions de fils de pub, hommes Sandwich de leur propre pays, se faisant les prosélytes de leurs raisons d’espérer et non les hauts parleurs de leur de leur désespérance. 

Les temps de crise sont temps de changements, et si nous changions nos esprits chagrins pour des esprits malins. Nietzsche professait : « il faut avoir une musique en soi pour faire danser le monde », nous pourrions à notre échelle, à notre manière, faire danser le monde. Affaire d’enthousiasme, ce positivisme participatif qui libère les énergies, les idées, les envies et nous fait imaginer, créer, entreprendre. Et entreprendre ensemble. Il est temps de sortir du moi-je, ce toc Français, pour le moi-nous, seul capable de renverser les montagnes. Dans ce siècle en implosion, on est intelligent, créatif, entrepreneur à plusieurs. Le mode d’emploi est simple : s’engager dans les secteurs porteurs, ces 12 piliers de l’économie du XXI siècle : Le numérique, la santé, l’environnement, l’aéronautique, la finance, la distribution, le tourisme, les transports, la formation, la construction, les services à la personne, et l’éducation. A chacun selon son allant, à chacun selon son talent. Et que nul n’oppose je ne sais quelle nouvelle décrue économique à venir. Courage, ne fuyons pas. Cessons de penser qu’au delà de cette limite notre ticket n’est plus valable. Demain nous appartient. Il sera ce que nous en ferons. Un lendemain qui chante ou qui s’évertue à déchanter. Ayons confiance en nous. 

De ces mille et unes raisons d’espérer, la plus belle est d’espérer en demain. Savourons notre bonheur d’être français libre de penser, de s’exprimer, de créer, d’être, de vivre. 

Et curieusement atteint d’une crise de foi chronique qui nous paralyse. Prévert disait : il y a ceux qui croient 

Il y a ceux qui croient croire 

Il y a ceux qui croa croa 


Croyons en nous 

Soyons winners.



[1] Président de W&Cie
[2]  Les Editions W

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